Le mercredi 17 janvier 2018 au Kursaal Bern
  
« Mission mobilité »

Le rôle du garagiste, ce qui change – ce qui est maintenu.

Lors de la « Journée des garagistes suisses » 2018, des orateurs et des participants à la table ronde compétents examineront tous les aspects pertinents liés aux conséquences, pour le futur modèle commercial du garagiste, de la transformation croissante des constructeurs en prestataires de mobilité. Le colloque mettra particulièrement en avant les aspects entrepreneuriaux mais se penchera aussi sur les conséquences pour la formation et la formation continue des collaborateurs. La manifestation se terminera par le « Dîner des garagistes » qui est désormais devenu une tradition.
 

L’ouverture

« À l’avenir, le garagiste devra s’engager plus activement » : c’est avec un appel à l’initiative et au courage d’oser sortir des sentiers battus que le président central de l’UPSA, Urs Wernli, a ouvert à Berne la Journée des garagistes suisses 2018. Un programme de conférences riche et varié attend les 800 participants au Kursaal, lequel affiche complet.

Lors de l’ouverture de la Journée des garagistes suisses 2018, Urs Wernli a annoncé que la branche automobile allait devoir faire face à un des bouleversements les plus conséquents de son histoire. C’est là l’occasion de saisir sa chance : « La cohabitation de diverses technologies crée de nouvelles occasions entrepreneuriales ayant pour but de se spécialiser et de fournir des prestations indépendantes. Urs Wernli a appelé les membres de l’UPSA à aborder l’avenir avec confiance et assurance. Si le besoin en mobilité motorisée individuelle va augmenter, la fascination pour l’automobile, elle, demeurera.

Une concurrence qui n’est pas un obstacle
La numérisation est basée avant tout sur les données au sujet des clients et de leurs véhicules et du travail, a affirmé Urs Wernli, de sorte que la connectivité constituera une thématique clé de l’avenir. L’accès libre et illimité aux données véhicules est donc crucial pour le garagiste. « Il n’est pas dans l’intérêt des automobilistes et donc pas non plus dans celui des fabricants et des garagistes que les fabricants bloquent l’accès aux données. » Urs Wernli a donc formellement exclu toute forme de désavantage concurrentiel.

Numérisation

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Marc Walder: En préambule de son intervention avant la pause de midi de la Journée des garagistes suisses, Marc Walder a déclaré vouloir secouer, provoquer et inspirer. Le CEO du groupe de presse Ringier et créateur de Digitalswitzerland a tenu parole.

Pour sa provocation, Marc Walder a ciblé l’un des orateurs précédents : Peter Götschi, président central du TCS, avait déclaré que la branche devra faire face à la numérisation, mais que ce n’est pas pour tout de suite. « C’est l’exagération de l’année », a-t-il déclaré en dressant un parallèle avec l’industrie des médias : « Il ne se préparait pas quelque chose. Ça a été un raz-de-marée. »

Ces dix dernières années, Walder a consacré 1,8 milliard de francs à la transformation du groupe médiatique Ringier. La première difficulté a été de convaincre les actionnaires : « Ringier a 180 ans. Le garage est plein de véhicules anciens, les murs sont couverts de tableaux de prix. La pression était nulle, les actionnaires âgés de 65 ans et plus. » Walder a mis la 5e génération de la famille fondatrice face à un choix : « Soit nous vendons, soit nous transformons l’entreprise de fond en comble. Et ce sera cher et douloureux. » Dix ans plus tard, 62 % des bénéfices de Ringier (EBITDA) proviennent du secteur numérique.

La rupture peut être datée avec précision. En 2007, Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a présenté l’iPhone, en déclarant « Apple réinvente le téléphone. Un euphémisme : Apple a mis l’économie sens dessus dessous. « Le smartphone décidera si votre affaire et vous survivrez. Si vous parvenez à l’utiliser pour communiquer avec vos clients, vous avez peut-être une chance. Dans le cas contraire, laissez tomber. »

Les terminaux mobiles génèrent désormais 40 % du trafic et en 2020, cette proportion atteindra 60 % selon Marc Walder. Prenant l’exemple d’AutoScout24, il a mis en évidence l’importance du trafic mobile : 334 000 des 445 000 sessions quotidiennes ont lieu sur des appareils mobiles. AutoScout24 est représentatif de la manière dont Walder a fait progresser la transformation numérique de Ringier : « Nous n’étions pas particulièrement innovants. Nous avons surtout fait des acquisitions judicieuses et avons développé intelligemment ces entreprises. » Ringier a acheté AutoScout24 en 2014. Aujourd’hui, la plateforme appartient pour moitié au groupe de presse et pour moitié à l’assureur la Mobilière.

Marc Walder a conclu son exposé en forme de signal d’alarme par une brève présentation de Digitalswitzerland. Il a lancé cette initiative en faveur de la place suisse au WEF 2017. Le réseau réunit désormais plus de 100 entreprises, dont le Groupe Emil Frey, BMW et Mercedes.


Prof Andrea Back: « Vous avez devant vous une femme qui s’intéresse à la technique », a affirmé Andrea Back lorsque l’animateur Patrick Rohr l’a priée de le rejoindre sur l’estrade. La professeure d’économie d’entreprise et d’informatique de gestion à la Haute École de Saint-Gall a inscrit son exposé dans le prolongement de celui du chercheur spécialiste du cerveau Hans-Georg Häusel, qui avait fait une plaisanterie récurrente des différences neurologiques entre hommes et femmes.
 
Andrea Back a ouvert sa conférence sur le raisonnement humain. L’être humain réfléchit de façon linéaire et sous-estime donc les changements exponentiels. À titre d’exemple : En 1894, le journal « British Times » a écrit qu’en 1950, chaque rue de Londres serait recouverte de 3 mètres de fumier de cheval… « La pensée linéaire empêche de voir l’avenir », a conclu Andrea Back. C’est précisément ce qui nous pose tant de difficultés dans la gestion de la numérisation. « L’évolution est exponentielle. »
 
Avec un groupe d’étudiants, Andrea Back a élaboré en concertation avec l’UPSA la « Vision 2025 pour les garages » avec les concepts de « centres de service », de « prestataires de mobilité » et de « garage numérique », en réponse à la question des nouveaux processus commerciaux. Elle a encouragé les participants au congrès à aborder la numérisation de façon proactive et à faire preuve d’initiative : « Faites des tests, tirez-en des leçons. Vous serez ainsi bien préparés lorsque le changement interviendra effectivement. »
   
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Une stratégie que Dominique Kolly, responsable du domaine Véhicules utilitaires au comité central de l’UPSA, a appliquée. Le garagiste du Mouret (FR) a compris très tôt l’importance de la numérisation et mis au point ses propres solutions informatiques avec des développeurs logiciels. « J’ai fait de nombreuses erreurs qui ont coûté beaucoup d’argent. Mais mon entreprise est aujourd’hui plus performante. »
 
Le garagiste Kurt Aeschlimann, avec qui Dominique Kolly a confronté les perspectives d’avenir d’Andrea Back à la réalité, a lui aussi souligné les opportunités qu’offre la numérisation. Il est responsable de la numérisation à l’UPSA et a rapidement fait entrer son garage de Thoune dans l’ère du numérique. Dans la vie quotidienne, il se heurte régulièrement aux limites du système : « Est-ce que je dispose des ressources nécessaires pour saisir 10 000 pièces de rechange ? Comment puis-je combiner trois constructeurs ? Il existe des outils, mais qu’en est-il des interfaces ? » Pour Kurt Aeschlimann, l’avenir des PME réside dans les coopérations et il a cité l’exemple de la plate-forme Garagino, qui met un outil numérique à la disposition des garagistes avec l’ESA.
 

Développement, conséquences et perspectives

Ferdinand Dudenhöffer : Le Professeur Ferdinand Dudenhöffer a présenté de fascinantes perspectives d’avenir. Il dresse certes un bilan mitigé de la numérisation dans la branche automobile : « Aujourd’hui, la numérisation, c’est un site Web avec un configurateur. » Comme exemple de pas vers l’avenir, il a cité Tesla et son modèle de distribution reposant sur des Stores dans les villes et des centres de services en dehors des grandes agglomérations. Le gourou de l’automobile prédit aussi une forte montée en puissance du carsharing, mais à des rythmes variables, comme il le souligne avec pertinence : « Vu l’ampleur des discussions, il faudra sans doute attendre 2035 pour que les taxis autonomes constituent la règle en Allemagne. À ce moment-là, les Chinois iront déjà en voiture sur la Lune. »

Il ne voit pas pour autant l’avenir des garagistes en noir, comme il l’a expliqué aux quelque 800 personnes présentes au Kursaal de Berne : « Il faut réfléchir aujourd’hui à votre rôle de demain », a-t-il conseillé. De nouveaux canaux de distribution apparaîtront, notamment dans la vente de véhicules neufs. Cette dernière est actuellement trop onéreuse dans les grandes villes. De nouveaux acteurs comme Amazon se feront une place sur le marché. « Mais Amazon ne peut ni ne veut se charger des travaux d’entretien », a déclaré Ferdinand Dudenhöffer. Ce changement ne se produira toutefois pas demain, mais après-demain : « Vous avez le temps d’étudier rationnellement la question. »


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Gerhard Schürmann und Jean-Charles Herrenschmidt: Les conséquences du changement pour les garagistes étaient au centre de la double interview par Mélanie Freymond de Jean-Charles Herrenschmidt, garagiste et président du Conseil Européen du Commerce et de la Réparation Automobiles (CECRA) et de Gerhard Schürmann, CEO du Groupe Emil Frey.
 
La numérisation tient une place importante dans ce changement. Pour Gerhard Schürmann, elle fait partie des fondements de la stratégie de croissance du Groupe Emil Frey : « Le prix d’un projet de numérisation est le même qu’on le mène à bien pour 50 ou pour 100 établissements. Mais les coûts par établissement diminuent. » Des économies d’échelle telles qu’on les connaît chez les constructeurs depuis le modèle T d’Henri Ford. « L’important dans la numérisation, a indiqué Schürmann aux 800 participants de la Journée des garagistes suisses, est d’oser faire des erreurs. » Chez Emil Frey, les impulsions des projets numériques ne viennent pas de la centrale, mais des filiales. Schürmann dirige ses filiales et ses marques selon le principe de subsidiarité.
 
En tant que garagiste, il faut se demander dans quoi on veut investir, a ajouté Jean-Charles Herrenschmidt : « Dans le showroom ou dans le monde numérique ? » En fin de compte, l’élément déterminant est le contact avec le client. « Au garage ou sur Internet : l’expérience client est fondamentale. » Le contact personnel joue toujours un rôle clé dans la vente.
 
Une affirmation du CEO de Renault, Carlos Ghosn, qui s’attend à ce que 100 % des véhicules soient connectés dès 2025 et à ce qu’une voiture sur quatre soit électrique dans quelques années, a amorcé une discussion sur les motorisations du futur. Gerhard Schürmann a demandé si ces 25 % de véhicules électriques correspondaient réellement à un souhait des clients ou si le législateur ne forçait pas plutôt les constructeurs à en vendre autant avec les valeurs limites de CO2 : « L’avenir nous dira si ces plans se concrétiseront ou si les clients seront prêts à payer des amendes CO2 pour ne pas être forcés d’acheter un véhicule électrique. »

Service et relation client

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Peter Goetschi, Luzi Thomann, Bettina Schmid: « Tous les automobilistes ne se ressemblent pas », a expliqué Peter Goetschi au début de son exposé. Et leurs besoins resteront tout aussi variés dans le futur, selon le président du TCS. Il a souligné qu’il continuera à l’avenir d’y avoir des voitures pour transporter les gens du point A au point B : « Et il faudra du monde pour s’occuper de ces véhicules. » Peter Goetschi est convaincu que les garagistes possèdent un immense avantage sur les constructeurs et les importateurs : « Vous avez un contact personnel, des liens directs avec le client. Devinez leurs souhaits à demi-mot. Aucun programme informatique, aucune base de données n’est capable d’en faire autant », a-t-il encouragé les quelque 800 participants.
 
Pour lui, le client souhaitera toujours le contact personnel et il s’agira de mettre cet avantage à profit. « Lorsque les clients ont confiance, ils restent fidèles », a-t-il assené avec conviction. Il a également incité les garagistes à oser la nouveauté, comme l’a fait l’UPSA avec le CheckEnergieAuto. Bettina Schmid du Garage B. Schmid à Reinach (BL) et Luzi Thomann de Thomann Nutzfahrzeuge AG à Schmerikon (SG) ont exposé des exemples pratiques tirés de leurs activités quotidiennes lors d’une table ronde. « Nos clients attendent de nous une gestion souple des rendez-vous. Et nous voulons leur offrir un sourire lorsqu’ils viennent nous voir. Ce sont les petites choses qui comptent », a expliqué Bettina Schmid. Et Luzi Thomann, dont l’entreprise compte 40 horaires de travail flexibles différents, a déclaré : « Nous n’avons pas beaucoup de contact avec les clients ; nous devons donc veiller tout particulièrement à en tirer le meilleur parti. »


Dr. Hans-Georg Häusel: Une publicité pour une voiture éveille l’intérêt d’un client, qui ne pense plus à autre chose tant qu’il n’a pas vu la merveille en question dans le showroom de son garagiste – et idéalement décidé de l’acheter. Mais comment le processus de la décision d’achat se déroule-t-il concrètement dans sa tête ? Et comment puis-je l’influencer en tant que garagiste ? Avec humour, Hans-Georg Häusel, psychologue et précurseur du neuromarketing, a exposé les réponses à ces questions aux visiteurs de la « Journée des garagistes suisses » 2018.

Et avec l’humour commence le marketing. Il a expliqué que depuis quelques années, la recherche cérébrale s’accorde sur le fait que l’être humain est dirigé par le système limbique, responsable du traitement des émotions et du déclenchement de comportements instinctifs. « Tout ce qui ne suscite pas d’émotions n’a aucune valeur et aucune importance pour notre cerveau. » Un partenaire fiable ? Une aide efficace au quotidien ? Une vraie bombe ? Que ce soit dans le showroom ou lors de l’entretien avec le client, le véhicule doit bénéficier d’une mise en scène émotionnelle et être associé à des valeurs. Il en va de même des valeurs humaines d’un garage. « Donnez un visage, une identité à votre entreprise », a expliqué le pionnier munichois du marketing à l’assemblée. Car c’est précisément cet ADN, cette personnalité qui produit un effet durable dans un monde de plus en plus numérique et anonyme. Une chose est certaine : « Il n’y a pas qu’un seul <bouton> dans le cerveau du client sur lequel appuyer pour provoquer l’achat, mais toute une série », a souligné Häusel : une chance pour les garagistes, numérisation ou pas.

Formation

Pierre Dillenbourg, Olivier Maeder, Flavio Helfenstein: Pierre Dillenbourg, professeur à l’EPF de Lausanne, a expliqué de manière très vivante que si l’automobile a connu une évolution fulgurante ces 100 dernières années, les salles de classe sont restées quasiment identiques à celles de 1918. « Nous transmettons un savoir qui appartient au passé. Nous devons changer notre manière d’envisager la formation. » Il a cité en exemple l’enseignement de la statique chez les charpentiers : « Nous avons mis au point une application qui permet de résoudre des problèmes statiques sans connaissances mathématiques grâce à la réalité augmentée. »
 
Pierre Dillenbourg a soulevé un second problème : le fait que les apprentis d’aujourd’hui ne partiront à la retraite qu’en 2065. « Nous n’avons aucune idée de ce que sera la voiture de 2065, ni si elle roulera encore ou si elle volera. Autrement dit, nous formons à un avenir dont nous ne savons rien. » Les apprentis de la branche automobile ne doivent pas être des programmeurs informatiques, mais ils doivent comprendre les concepts fondamentaux de l’avenir mécanique. « Il doivent à l’avenir être en mesure d’éduquer les acheteurs. » Dillenbourg recommande aussi de ne pas interdire les technologies dont les adolescents d’aujourd’hui ont l’habitude sur le lieu de travail : « Il faut en faire une utilisation judicieuse. Le smartphone peut par exemple parfaitement servir pour la documentation pédagogique. »


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Olivier Maeder, responsable de la formation à l’UPSA, et Flavio Helfenstein, champion du monde des métiers 2011, ont ensuite discuté des tendances actuelles dans la formation. Ils sont tombés d'accord sur le fait que les connaissances mécaniques sont toujours essentielles. « Mais nous avons encore toujours tendance à expliquer ce qu’est un carburateur. Cela n’intéresse plus les apprentis d’aujourd’hui. Nous avons pour cela la formation continue de restaurateur de véhicules », a déclaré Oliver Maeder.

Conclusion

Le Professeur Ferdinand Dudenhöffer a employé des termes élogieux dans son bilan de la « Journée des garagistes suisses » 2018 : « C’était très impressionnant ! » Il a mis en évidence les différences entre les exposés du président central du TCS Peter Goetschi et du CEO de Ringier Marc Walder : « L’un était conservateur, traditionnel ; l’autre entièrement axé sur l’urgence. » Il a repris avec humour quelques-unes des déclarations du jour, parmi lesquelles une petite pique à l’adresse de Gerhard Schürmann, CEO d’Emil Frey SA : « Vous investissez comme les champions du monde – dans l’ancien monde. » Sur sa lancée, Ferdinand Dudenhöffer a aussi salué le travail au sein de l’équipe de numérisation. Une leçon importante à ses yeux est qu’il faut aborder l’avenir avec décontraction « simplement pas trop lentement ». Les perfectionnements successifs ne suffisent pas à cet égard : « L’ampoule à incandescence n’a pas été inventée en améliorant constamment la bougie. »
 
Le Prof. Dudenhöffer a également adressé un rappel important aux garagistes : « Les constructeurs automobiles savent à quoi ressembleront les voitures dans dix à quinze ans. Posez des questions pertinentes ! Ne lâchez pas prise tant que vous n’avez pas obtenu de réponse. » Il a déclaré avoir eu une impression de grande franchise, y compris dans les conversations durant le repas de midi. Il se dit donc optimiste pour l’avenir des garagistes suisses : « Vous investissez beaucoup de passion et de moyens financiers. Vous réussirez ! »

Dîner des Garagistes

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Remise du prix CEA : « Je n’ai pas d’enveloppe sous la main. Car nous savons que cela peut mal tourner, même lors de la cérémonie des Oscars », a lancé Markus Peter, responsable Technique & Environnement à l’UPSA, en introduction de la remise du prix du garagiste CEA de l’année 2017 en priant un invité bien connu de monter sur scène : Pierre-Yves Lüthi, directeur de Garage Moderne SA à Bulle. Son équipe a procédé à 1330 CEA l’an dernier, ce qui, en raison du « nombre encore limité » de fournisseurs de CEA, est un bon moyen de se mettre en avant en tant que prestataire de mobilité et qu’optimiseur des émissions de CO2 a-t-il souligné pour encourager ses collègues de l’UPSA en Suisse romande.

Une double surprise s’est dessinée dans le canton d’Uri : aucun autre canton n’est aussi actif en matière de CEA. Cela a une incidence sur le classement annuel, lors duquel, comme déjà avant la fin du délai d’un an, deux entreprises uranaises sont montées sur le podium. Le Garage Gisler AG d’Erstfeld a décroché la seconde place avec 665 CEA et Walker GmbH d’Altdorf la troisième, avec 598 CEA. Les deux entreprises ont été récompensées pour leur engagement au Kursaal, à la surprise évidente de l’un des deux fournisseurs de CEA : « Nous avons commencé à effectuer des CEA en mars et nous ne nous attendions pas à faire d’emblée partie des meilleurs fournisseurs de l’année », a avoué Mario Gisler, du garage éponyme. L’entreprise autour du directeur-adjoint et diagnosticien d’automobiles BF a en effet quasiment été créée à partir de rien en 2017. « Karl Baumann de l’UPSA nous a plusieurs fois rendu visite et encouragés », a déclaré le directeur junior de l’entreprise familiale. Avec succès, puisque toute l’équipe est aujourd’hui extrêmement motivée et engagée. Un enthousiasme qui rejaillit sur la clientèle, a souligné le jeune Uranais. Un changement de mentalité est nécessaire au sein de l’équipe si l’on veut en obtenir un de la part des clients. Le mot de la fin était tout à fait dans l’esprit de Markus Peter : « Le but premier du CEA est de fidéliser la clientèle. On dépasse ses attentes et on marque des points. »
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Norbert Haug und Mario Illien: Un intermède sportif a été proposé avant le « Dîner des garagistes » : Norbert Haug et Mario Illien ont évoqué leurs souvenirs communs d’un passé pas si lointain dans la Formule 1. Le chef d’écurie de Mercedes et le constructeur de moteurs ont permis à Mikka Häkkinen de remporter son titre de champion du monde sur McLaren-Mercedes en 1998. En toile de fond et pour se mettre dans l’ambiance de la discussion, des photos chargées d’émotion, prises sur le circuit de Suzuka le 1er novembre 1998, lorsque le pilote finlandais a mis fin à 43 ans de traversée du désert pour les Souabes, ont été diffusées.
 
Illien et Haug ont expliqué à leur auditoire ébahi qu’ils n’avaient encore jamais vu ces images. « J’ai l’impression que c’était hier », a déclaré Haug, ajoutant qu’il se souvenait de chaque instant. L’ancien journaliste a ensuite raconté l’énorme tension, l’interruption du premier départ parce que le moteur de Jarno Trulli avait calé, la seconde tentative de départ lors de laquelle le grand adversaire de Häkkinen, Michael Schumacher, avait connu la même mésaventure, l’erreur de Häkkinen qui, dans sa nervosité, avait poussé le moteur Mercedes dans la zone rouge alors que le véhicule était au point mort… Mario Illien a à son tour décrit l’immense tension dans les stands : « La course n’en finissait pas. Un dérapage, une erreur, un dégât au niveau d’un pneu et tout est terminé. » Mais le pilote finlandais, les pneus japonais (Bridgestone) et le moteur du Grison Illien de Brixworth en Angleterre ont tous tenu le coup.
 
En 2005, Mario Illien vendit à Mercedes les actions de sa société Ilmor, créée avec Paul Morgan, décédé en 2001. L’ADN de l’entreprise n’en a pas été affecté : les moteurs aujourd’hui fabriqués à Brixworth ont remporté les championnats du monde des constructeurs ces quatre dernières années. « Ce n’est pas de la faute de celui qui roule en tête si les choses deviennent ennuyeuses, mais de celui qui est derrière et qui ne suit pas », a déclaré Norbert Haug au sujet des longues années de domination de Mercedes. À 65 ans, il est ravi que 2017 ait enfin ramené un peu de suspense dans la catégorie reine.
Personnellement, on ne le rencontre plus guère dans la Formule 1. Les espaces VIP et salons de réception ne l’attirent pas : « Traîner à ne rien faire dans la voie des stands où je travaillais autrefois ? Je n’ai pas besoin de ça. » À 68 ans, Mario Illien construit toujours des moteurs. Il n’apprécie pas particulièrement les 1,6 litre turbo de la Formule 1 actuelle : « Techniquement, ils sont géniaux. C’est fantastique que la courbe de puissance thermique ait pu être augmentée de 50 % et plus. » Le compliment est toutefois suivi d’un grand mais : « En 1998, les courses étaient encore d’enfer (!), c’était bruyant, il y avait de la bagarre. Désormais, les courses sont des processions. » Le sport motorisé est source d’émotion : « Et le son est un facteur important dans ce cadre. »
 
Mario Illien n’est pas fan de la Formule E, dont une épreuve se disputera pour la première fois en Suisse en 2018 et s’en tient à l’écart. « Je n’ai pas de raison d’y aller. Pour moi, ce sont des courses d’aspirateurs. » Cette sortie a été saluée par les applaudissements du public.
 
Mario Illien et Norbert Haug. Deux coureurs, deux légendes, deux passionnés de sport automobile. « Cette passion préserve la jeunesse », a déclaré Haug : « Freiner tard, accélérer tôt et sortir de la route au prochain virage, c’est une bonne philosophie de vie. »
 

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Ferdinand Dudenhöffer
«Wer kriegt die Kurve?»

 

Prochaine assemblée : réservez la date !

Une assemblée s’achève, une autre se prépare. Réservez dès aujourd’hui la date de la prochaine « Journée des garagistes suisses » qui aura lieu :
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Le lieu et le programme vous seront bien sûr communiqués dès que possible sur le site Internet de l’UPSA, dans la revue AUTOINSIDE ou via la newsletter.

 
Remarque pour les représentants des médias:
vous trouverez le communiqué aux médias concernant la «Journée des garagistes suisses» 2016 ainsi que tous les communiqués de l’UPSA sous la rubrique Médias.

 

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Réponses aux congrès

« En tant que décideurs, nous sommes aujourd’hui tous stressés. C’est pourquoi cette journée est si importante pour la branche : 800 décideurs d’un secteur d’activité sont réunis dans une même pièce, écoutent les exposés et examinent l’avenir et les défis qu’il recèle. Pour moi, cet événement relève de la formation initiale et continue, c’est pourquoi nous le sponsorisons volontiers. »

Marc Kessler, CEO de Quality1 AG


« La Journée des garagistes suisses est une plate-forme qui réunit toute la branche. Nous y rencontrons de nombreux clients avec lesquels nous pouvons échanger. Autoscout24 a choisi d’être le partenaire de cet événement parce qu’il nous donne la possibilité d’examiner l’avenir et de prendre soin de notre réseau relationnel. Il est en outre important que les médias s’intéressent à la branche automobile, qui représente de nombreux emplois. »

Christoph Aebi, directeur d’AutoScout24


« Cette journée montre que nous avons tous le même client, à savoir le consommateur final. Nous devons le passionner pour notre produit, c’est dans notre intérêt à tous. »

Andreas Burgener, directeur d’auto-suisse


« Rendez-vous de la branche, la Journée des garagistes suisses donne d’importantes impulsions aux participants. »

Giorgio Feitknecht, président de la direction d’ESA

« Je me réjouis chaque année à l’idée de cette journée et des conférences passionnantes. Le programme n’a jamais été meilleur qu’en 2018. La mixité des thèmes est excellente et – chose que je trouve importante – les garagistes ont également la parole. »

Dieter Jermann, Area Director Central Europe, Pirelli Tyre (Suisse) SA


« Nous assistons avec toute la classe à la Journée des garagistes suisses. Le choix des thèmes me plaît beaucoup, à commencer par la devise Mission mobilité : le garagiste y est confronté dans son travail quotidien. »

Rolf Schürpf, directeur Aftersales de Binelli Zürich-City AG, en formation continue de gestionnaire d’entreprise de la branche automobile


« La Journée des garagistes suisses est à mes yeux le meilleur événement de la branche automobile en Suisse. J’y obtiens des nouvelles de la branche et beaucoup d’informations sur ce qui l’interpelle. C’est aussi une excellente occasion de réseauter. »

André Frey, Figas


« Cet événement aborde les questions d’avenir. Pour nous, cette journée est un rendez-vous important de la branche. En tant que prestataires de services, nous avons besoin de ce contact direct. »

Toni von Dach, Figas


« Cet événement me donne la possibilité de prendre directement des nouvelles de la branche. Je peux y entretenir mon réseau relationnel et y rencontrer des gens de l’UPSA. Comme c’est ma première participation en tant que président de SAA, je suis pour ainsi dire un nouvel arrivant… » (Il rit)

Erhard Luginbühl, président de Swiss Automotive Aftermarket


« La numérisation, nous sommes en plein dedans. Aujourd’hui, nous pouvons vérifier si les garagistes sont en alerte, prêts à aborder ce changement avec courage et confiance. Il est important de rappeler chaque année la progression fulgurante de la numérisation. C’est ce que fait ce congrès. »

Bernadette Langenick, ancienne présidente de SAA, déléguée du CA et fondatrice d’Auto-i-DAT SA


« J’attends de cette journée des entretiens fructueux avec des représentants intéressants de la branche suisse de l’automobile. Le thème du congrès est brûlant d’actualité : les garagistes doivent trouver un équilibre entre peur du changement et confiance nécessaire pour l’aborder avec courage. Ils ont de très bons clients, qui leur sont fidèles. Ils doivent les accompagner à travers la numérisation et les entraîner dans l’avenir de l’entreprise. »

Sandro Piffaretti, CEO de Swiss Automotive Group
 

« En termes de contenu, je me suis laissé surprendre par le congrès d’aujourd’hui. Il était clair que les grands défis de la branche automobile seraient abordés. Mais des visions ont également été présentées. Et même si tous les garagistes ne sont pas du même avis au sujet de la numérisation, les orateurs les ont aidés à comprendre que dans notre métier, cette évolution est un processus auquel nous devons participer. »

Mario Gisler, directeur-adjoint de Garage Gisler AG à Erstfeld, diagnosticien d’automobiles BF, secouriste routier avec BF


« Nous souhaitons collaborer plus étroitement avec l’UPSA dans le cadre de la promotion des véhicules au gaz naturel. Les exposés d’aujourd’hui ont montré que la mobilité, donc l’Union professionnelle suisse de l’automobile, sont à la veille d’un profond changement. Le gaz naturel offre une véritable alternative à l’électrification des motorisations, mais est encore trop peu connu des garagistes et par conséquent des clients, bien que cette forme de mobilité ait un grand avenir. »

Hans Wach, CEO de Gasverbund Mittelland AG (GVM), qui a son siège à Arlesheim


« J’ai été épaté par le professionnalisme du congrès et la qualité des exposés. Nous avons consciencieusement pris des notes. Notre garage est proche de la ville, nous pouvons encore progresser en termes de chiffres de ventes et de besoins des clients. Nous repartons avec diverses idées et voulons mettre au point des modèles de marketing plus créatifs. »

Philipp Bürgi-Meier, Garage Otto Meier AG, à Flaach
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Impressions du « Journée des garagistes suisses » 2018