L’électronique sauve des vies

14 mai 2019 agvs-upsa.ch – La sécurité routière en Suisse ne cesse de s’améliorer. Alors que plus de 1700 personnes sont décédées sur les routes en 1970, ce chiffre n’était plus que de 230 en 2017 pour 17 799 accidents s’accompagnant de blessés. Pourtant, chaque accident en est un de trop.
 

sco. Les gros titres sont tristes et malheureusement trop bien connus. « Accident mortel : un camion happe une fillette de onze ans », écrivait TeleBärn en novembre 2018. « Les garçons étaient dans l’angle mort », titrait Blick en décembre 2018. « Un cycliste de 16 ans meurt dans un accident avec un camion », indiquait le titre du Berner Zeitung également en décembre 2018. 

Une tragédie individuelle se cache derrière chacun de ces gros titres, non seulement pour les victimes et leurs familles, mais aussi pour les chauffeurs qui ont commis ces erreurs mortelles et qui doivent vivre avec leurs conséquences. Le problème est d’actualité et l’UE l’étudie depuis 2012 : les systèmes de mitigation des angles morts sur les camions et les bus peuvent avertir les chauffeurs de la présence de piétons et de cyclistes et contribuer à prévenir des accidents graves. Environ 20 % des accidents impliquant des camions et des piétons ou des cyclistes se produisent lors d’une bifurcation à droite.

Des caméras de recul chez Giezendanner
Bien que la technique existe, elle n’est pas encore largement répandue. Cela changera dès 2022 : le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord pour imposer à l’avenir certaines technologies visant à assurer la sécurité des usagers de la route. Les assistants de bifurcation en font partie.

L’entreprise de transport Giezendanner AG de Rothrist est allée plus loin. Elle a en effet installé des caméras de recul sur tous ses véhicules de transport de marchandises générales. L’opération de post-équipement s’appuie sur un contexte d’une profonde tristesse : en reculant, un collaborateur de l’entreprise a écrasé un collègue contre une rampe en 2016. Le jeune homme de 27 ans est décédé suite à ses blessures à l’hôpital onze jours plus tard. « On voit un angle de 40° dans le rétroviseur, le reste relève de l’angle mort », a affirmé le chauffeur en novembre 2018 lorsqu’il a dû s’expliquer devant le tribunal du district de Zofingue pour l’accident mortel. L’employé de 30 ans souffre encore des conséquences de l’accident. 

1500 francs pour le post-équipement
« Si vous m’aviez demandé en février si nous avons installé les caméras de recul, je vous aurais dit que le projet est terminé », déclare le CEO, Benjamin Giezendanner, à AUTOINSIDE. Mais une telle affirmation ne correspond plus à la réalité aujourd’hui parce que Giezendanner a racheté, le 1er mars, la société Rüegger Transport AG, également sise à Rothrist. Quelques-uns des véhicules repris ne disposent pas (encore) de caméras de recul. « Mais nous effectuons le post-équipement à chaque fois que nous présentons un véhicule au contrôle des véhicules à moteur », indique M. Giezendanner. Le système comprenant une caméra et un écran dans la cabine coûte environ 1500 francs par véhicule. Mais si les camions de transport de marchandises générales sont convertis, les camions-citernes de Giezendanner sont dépourvus d’un tel système. Benjamin Giezendanner d’expliquer : « Comme nous chargeons également des conteneurs et des citernes sur des trains, il est impossible de convertir ces véhicules. »

Des solutions de post-équipement existent
L’accident tragique chez Giezendanner AG a fait les choux gras de la presse dans tout le pays en 2016. « Nous avons nous aussi constaté une hausse du nombre de demandes à court terme », déclare Flavio Zani, le directeur de Krautli (Suisse) SA. Krautli propose diverses solutions de post-équipement pour véhicules utilitaires et agricoles (voir l’encadré). Il s’agit d’une part des caméras de recul évoquées, mais aussi d’assistants de bifurcation depuis peu.

Krautli a lancé sa propre marque « EyeSystem » il y a cinq ans. « Nous disposons actuellement de la gamme la plus large de Suisse », affirme Flavio Zani. La qualité de la caméra est un facteur déterminant : « Il est possible d’acheter des caméras à bas prix en Asie. » C’est pourquoi il ne peut et ne veut pas faire jeu égal avec les produits les moins chers disponibles en Suisse. « D’autant plus que le post-équipement d’un camion ne coûte presque rien par rapport aux coûts d’acquisition. » Des systèmes simples comportant une caméra et un moniteur dans le cockpit sont prisés. L’image est transmise au choix par câble ou par Wi-Fi.

Krautli proposera à l’avenir aussi des assistants de bifurcation pour camions. Le ProViu-Detect de Continental détermine la position de piétons et de cyclistes et avertit le chauffeur en cas de risque de collision pour que les gros titres noirs mentionnés en début d’article se fassent plus rares.

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