« Les ateliers continuent d'afficher une bonne exploitation de la capacité »
Monsieur Kohli, comment évaluez-vous les perspectives économiques pour les garages cette année ?
Andreas Kohli, responsable fiduciaire et membre de la direction de FIGAS Fiduciaire de la branche automobile suisse SA : Je ne m'attends pas à des changements significatifs par rapport à 2025. Le nombre de nouvelles immatriculations devrait rester au niveau bas des années précédentes. À l'inverse, l'âge moyen des voitures de tourisme en Suisse continuera donc d'augmenter, ce qui aura un effet positif sur le taux d'utilisation des ateliers.
Comment évaluez-vous la situation avec les nouvelles marques chinoises ?
La vente de véhicules chinois a fortement augmenté en 2025, je pense par exemple à MG avec 3673 unités contre 679 auparavant, ou à BYD avec 969 unités contre 44. Dès que l'approvisionnement fonctionnera parfaitement et que la confiance des consommateurs s'améliorera, certaines de ces nouvelles marques pourront s'imposer. Les statistiques d'immatriculation des voitures de tourisme neuves vont considérablement changer au cours des prochaines années.
Y a-t-il des domaines dans lesquels vous voyez des risques particuliers ?
Un risque central général est la reprise des véhicules en leasing, en particulier des voitures électriques. Au cours des prochaines années, de nombreux véhicules arriveront sur le marché à l'expiration de leur contrat de leasing. Si la demande fait défaut, il y a un risque de chute considérable des prix, avec des conséquences potentiellement menaçantes pour l'existence de certains garages. Des stratégies précoces de minimisation des risques sont nécessaires dans ce domaine.
En 2025, le marché des voitures neuves a atteint son niveau le plus bas depuis un quart de siècle. BAK Economics, par exemple, ne prévoit qu'une croissance de 0,5 % en 2026 dans ses perspectives économiques pour la branche automobile. Dans quelle mesure cette situation pèse-t-elle sur le Commerce ?
Pour les exploitants axés sur la vente, les perspectives sont difficiles. Cependant, la plupart des exploitants se sont désormais adaptés à l'évolution du marché. Et le bon fonctionnement du secteur après-vente peut compenser, au moins en partie, les pertes subies dans le commerce des voitures neuves.
Vous l'avez déjà mentionné : le chiffre d'affaires des ateliers bénéficie du vieillissement du parc automobile. BAK Economics prévoit une nouvelle croissance de 2,4 %. Cela correspond-il à vos attentes ?
Oui, cela me semble plausible. Selon toute vraisemblance, les ateliers continueront à être bien exploités. Si les exploitants disposent d'un personnel suffisant, les résultats dans le domaine de l'après-vente devraient continuer à évoluer positivement.
Le tarif horaire est un sujet récurrent dans le domaine de la gestion d'entreprise. Pourquoi le tarif horaire est-il un levier économique si important ?
Les bénéfices bruts dans le commerce des voitures neuves ont diminué en raison de la baisse du chiffre d'affaires et des marges. Il n'y a plus beaucoup d'exploitants qui obtiennent un résultat positif dans le commerce des voitures neuves en appliquant un calcul des coûts complets. L'optimisation de l'atelier est d'autant plus importante, et le tarif horaire joue ici un rôle essentiel.
De nombreux garagistes hésitent à augmenter leurs tarifs. Des experts comme vous-même soulignent régulièrement que les garages devraient oser augmenter leurs tarifs. Constatez-vous que ce conseil est de plus en plus suivi ?
Cela varie beaucoup. Certains ont procédé à des augmentations notables ces dernières années, d'autres restent prudents. Les décideurs sont toutefois de plus en plus sensibilisés à cette question.
Communiqueriez-vous une augmentation du tarif horaire à la clientèle ?
Non. Tant que la qualité et le service à la clientèle sont au rendez-vous, les clients acceptent généralement les prix plus élevés, car ils savent que tout devient plus cher.
L'augmentation des primes d'assurance pèse également sur le secteur. Existe-t-il des possibilités pour les exploitants d'optimiser leurs coûts dans ce domaine ?
Comme pour les primes d'assurance maladie privées, il convient de vérifier régulièrement les primes et de demander des offres concurrentes, car il existe de grandes différences sur le marché. Il est également important de vérifier la pertinence des prestations assurées.
Y a-t-il des erreurs typiques que vous observez dans la gestion quotidienne des garages ?
De nombreux garages facturent trop peu, voire pas du tout, certaines prestations. Je recommande de vérifier les prix de l'ensemble du catalogue de prestations et de les adapter si nécessaire. Il peut également être judicieux d'envisager une tarification dynamique pour les travaux d'atelier. Je pense par exemple à des suppléments pour les services express ou à un tarif plus élevé pour les véhicules électriques.
Vous vous occupez souvent de questions de succession. Ce sujet est-il abordé plus tôt aujourd'hui et quels conseils donneriez-vous à tous ceux qui seront concernés dans les prochaines années ?
Depuis quelque temps, de plus en plus d'entrepreneurs, qui sont encore relativement loin de l'âge de la retraite, s'intéressent déjà à la question de la succession. Cependant, cela est de plus en plus souvent dû au fait qu'ils ont perdu le plaisir de travailler. L'évolution négative des bénéfices, la pression des importateurs et les situations difficiles en matière de personnel peuvent avoir un impact sur le moral. Au cours des prochaines années, de nombreuses entreprises devront fermer leurs portes faute de successeurs. Il est donc conseillé d'aborder la question de la succession à un stade précoce.
Selon vous, quelle direction prennent actuellement les garages ?
La tendance est clairement à la concentration du commerce des voitures neuves entre les mains de grands concessionnaires ou de groupes de garages. Seuls un nombre important d'unités permettra d'assurer encore la rentabilité du commerce des voitures neuves. C'est pourquoi les fusions et les rachats vont se multiplier. Le secteur de l'après-vente continuera toutefois d'avoir besoin de petites entreprises. Les exploitants dynamiques ont de bonnes chances de réussir.