Pourquoi les mesures contre la pénurie de main-d’œuvre échouent
La pénurie de main-d'œuvre est souvent considérée comme un simple problème de recrutement. L'attention se concentre donc sur les offres d'emploi, les canaux et les instruments. Dans la pratique, cependant, il apparaît que ce qui est déterminant, ce n'est pas tant la manière dont on recherche, mais plutôt ce qu'une entreprise offre effectivement en tant qu'employeur.
Un travail sans sens
Les postes sont décrits en détail, les exigences sont clairement énumérées. Mais ce qui manque souvent, c'est une réponse claire à la question de savoir pourquoi quelqu'un devrait rester longtemps dans l'entreprise. L'attractivité d'un employeur ne repose pas sur des normes, mais sur son attitude, une bonne gestion et des possibilités de développement durable. Ceux qui ne proposent que des tâches finissent par se faire concurrence principalement sur les salaires, parfois dans tous les secteurs.
La technologie plutôt que la culture
Les outils de recrutement numériques, les réseaux sociaux ou les applications basées sur l'IA peuvent être utiles, mais ils ne remplacent pas une collaboration efficace. La technologie agit comme un amplificateur : elle rend visible ce qui existe déjà. Lorsque le leadership, la Communication ou l'estime font défaut, les outils numériques accélèrent les problèmes existants au lieu de les résoudre.
Formation sans engagement
De nombreuses entreprises misent sur les personnes en formation pour pallier la pénurie de main-d'œuvre. La formation est souvent considérée comme un soulagement à court terme plutôt que comme une relation à long terme. En l'absence d'accompagnement, de perspectives et de possibilités d'évolution, les professionnels bien formés quittent leur métier, voire leur secteur, au moment même où ils deviennent productifs et sont recherchés sur le marché du travail.
Loyauté sans perspective
On attend des collaborateurs qu'ils soient fiables. Dans le même temps, de nombreuses entreprises n'offrent pas de perspectives d'évolution ou d'avenir claires. Or, la loyauté ne naît pas des attentes, mais de l'investissement. Ceux qui ne voient aucune perspective pour eux-mêmes finissent tôt ou tard par se réorienter.
Le leadership comme produit dérivé
Dans la branche automobile, les tâches de direction découlent souvent de la compétence professionnelle. On sous-estime souvent le fait que le leadership est une qualification en soi. Le manque de compétences en matière de leadership a un impact direct sur la motivation, l'ambiance au sein de l'équipe et la fluctuation du personnel, et donc sur l'attractivité de l'ensemble du garage.
La pénurie de main-d'œuvre ne peut être résolue par des mesures isolées. Il est essentiel d'agir aux bons endroits. Les entreprises qui façonnent consciemment leur leadership, leur culture et leur développement améliorent sensiblement leur situation initiale. Souvent, le levier le plus efficace ne se trouve pas sur le marché du travail, mais au sein même de l'entreprise.