Une question d'équité
Le 8 mars 2026 est à nouveau un dimanche de votation. Le débat autour de l'initiative dite « de réduction de moitié » visant à financer la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) concerne également directement le secteur automobile. Pour l'Union professionnelle suisse de l'automobile UPSA, ce n'est pas un débat de fond sur la politique médiatique qui est au centre des préoccupations, mais la situation concrète des entreprises membres en matière de charges.
La situation de départ est claire : aujourd'hui, les entreprises paient une redevance radio et télévision calculée en fonction de leur chiffre d'affaires. De nombreuses entreprises paient déjà cette redevance à titre privé, non seulement les propriétaires, mais aussi l'ensemble du personnel. L'initiative prévoit une exonération totale pour les entreprises et une réduction de la redevance privée à 200 francs.
Tout allègement est essentiel
La réforme de la redevance décidée par le Conseil fédéral, qui doit entrer en vigueur en 2027 quel que soit le résultat de l'initiative, n'exonère que les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 1,2 million de francs. Cette réforme prévoit également de réduire progressivement les redevances privées à 300 francs d'ici 2029. Pour une grande partie de nos membres, en particulier les entreprises commerciales à chiffre d'affaires élevé et à faibles marges, cette réforme n'apporte toutefois aucun allègement substantiel.
Dans le secteur automobile en particulier, les marges sont traditionnellement faibles. Un chiffre d'affaires élevé ne signifie pas automatiquement des bénéfices élevés. Des investissements dans l'électrification, la numérisation, les infrastructures et la formation sont nécessaires pour pouvoir continuer à exister dans un environnement difficile et dynamique. Dans le même temps, les coûts de l'énergie, du personnel et de la réglementation augmentent. Dans le secteur automobile, chaque taxe supplémentaire est importante et chaque allègement est essentiel pour la rentabilité.
Une double charge de fait est injuste
Il convient également de noter que les entreprises ne bénéficient guère directement de l'offre de la SSR. L'utilisation des médias est généralement privée et est déjà financée par la redevance audiovisuelle. Une taxe supplémentaire sur le chiffre d'affaires des entreprises entraîne donc de facto une double charge sans valeur ajoutée correspondante pour les entreprises.
Du point de vue de l'UPSA, il est donc essentiel que les entreprises ne soient pas soumises à une charge disproportionnée, en particulier pour un service public qu'elles utilisent principalement à titre privé. L'équité envers nos entreprises est ici primordiale : la taxe actuelle basée sur le chiffre d'affaires impose une charge disproportionnée à de nombreuses entreprises. C'est pourquoi l'UPSA soutient l'initiative visant à réduire de moitié cette taxe et recommande son adoption.
Les électeurs se prononceront sur cette initiative. L'UPSA continuera à suivre le débat d'un point de vue économique, avec pour objectif clair de garantir la compétitivité de nos entreprises et d'éviter des charges financières inutiles.