Courage, marges et avertissement
« Je peux vous promettre une chose : vous ne regretterez pas votre visite. » C'est par ces mots que Manfred Wellauer a ouvert la 20e Journée des garages suisses. Et le président central de l'UPSA avait raison. À l'occasion de cet anniversaire rond, le plus grand congrès spécialisé des garages suisses a égalé son record de participation. Plus de 860 invités se sont retrouvés au Kursaal de Berne pour assister à des conférences inspirantes proposant des pistes d’action concrètes pour l’exploitant et des possibilités de réseautage. Mais ce n’est pas tout : ils ont également pu participer activement à la discussion en posant leurs questions.
Ils ont d'ailleurs largement profité de cette possibilité. Mais avant d'aborder les thèmes techniques, Manfred Wellauer a posé le cadre de la journée. Le président central, qui officiait pour la première fois en tant qu'hôte, a évoqué une « année mouvementée ». Une année au cours de laquelle les garagistes ont particulièrement ressenti les bouleversements dans leur travail quotidien. Malgré la baisse des ventes de voitures neuves et la diminution des marges, la branche automobile reste résidente. « Mais seulement si la qualité, la confiance, la compétence professionnelle et les nouveaux concepts innovants sont systématiquement mis en œuvre », a-t-il déclaré avec conviction.
Toutes ces conditions sont indispensables pour gérer une entreprise pérenne. Tout comme des Finances saines. Conformément à la devise du jour « Ce qui compte – et ce qui est rentable », Ralph Panoff, expert en transformation, a résumé la situation en ces termes : « Les chiffres ne mentent jamais. Mais il faut aussi se fier à son intuition. » Il a toutefois averti que l'on se fiait trop souvent uniquement à ses sentiments pour prendre des décisions. Pour améliorer les processus, il faut connaître les temps productifs et improductifs, mesurer les objectifs, puis les mettre en œuvre. Cela peut être difficile et parfois entraîner des décisions en matière de personnel.
Sophie Berset, directrice générale du Garage Berset SA à Marly (FR), a ensuite présenté un exemple concret. Elle a parlé d'une entreprise familiale dans laquelle « chacun assume ses responsabilités », d'une « méthode de travail humaine » et du courage de renoncer à certaines habitudes. La numérisation est « un autre pilier » à cet égard. Il ne faut pas attendre que les tendances se manifestent pour les remarquer, mais les identifier tôt et comprendre ce que la clientèle attend ensuite.
L'appel le plus passionné est venu de Luca Jaquet : « À mon avis, il y a des choses que nous calculons mal », a déclaré le directeur du garage Steiggarage à Schaffhouse. Un tarif horaire ne doit pas être basé sur l'intuition, sinon « on se ment à soi-même ». Jaquet a rappelé certains postes qui sont souvent négligés au quotidien : le loyer propre, les prestations supplémentaires telles que le stockage des pneus ou les voitures de remplacement. Son appel : « Je voudrais vous encourager à calculer correctement. » Et si l'on fait preuve de bonne volonté, il faut au moins le faire de manière transparente : « Il est tout à fait acceptable de ne pas facturer certaines prestations, mais elles doivent au moins être indiquées. Faites le bien et parlez-en. »
Dans le format « Heisser Stuhl » qui a suivi, David Regli, directeur de FIGAS, a commenté les arguments plutôt opérationnels de Jaquet d'un aspect économique. Pour Regli aussi, une chose est claire : diriger en se fiant uniquement à son intuition ne suffit pas, seuls des chiffres clairs permettent de savoir si les processus internes fonctionnent.
Dans une double interview, Manfred Wellauer et Christian Wyssmann, directeur général de l'UPSA, ont fait le point sur la situation du secteur. M. Wyssmann a qualifié les occasions électriques de point crucial : « Elles constituent l'un des plus grands défis. Nous devons stimuler ce marché. » Un sondage en direct dans la salle a également révélé ce qui préoccupe actuellement beaucoup de monde : la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et la baisse des marges. « Ces deux thèmes figurent également en tête de liste dans notre association », a déclaré Wyssmann.
L'après-midi a été ouverte par Jürg Röthlisberger, directeur de l'OFROU (un article séparé sera consacré à ce sujet), qui a remplacé au pied levé le conseiller fédéral et ministre des Transports Albert Rösti, malade. Il a été suivi par Jenna Gygi. La championne du monde de wingsuit a montré de manière impressionnante, à travers un film et un enregistrement audio, pourquoi elle ne considère pas son métier comme une activité audacieuse, mais comme une passion mûrement réfléchie. L'appel lancé ensuite par Sebastian Vazquez, fondateur et directeur général du fournisseur de stations de recharge Eve Car Plug, originaire de Suisse romande, était tout aussi passionné. Il a décrit aux garagistes présents son expérience personnelle en tant que client lors de l'achat d'une voiture électrique. Le secteur des garages est prédestiné à agir en tant que conseiller complet en matière d'automobile et de mobilité et à pouvoir ainsi développer de nombreux autres services tout au long de la chaîne de valeur.
Pour finir, il a été question de la relève. Michael Raaflaub, directeur général de l'association Lehrstellennetz, a présenté « Lehrberufe Live! », une plateforme sur laquelle les apprentis diffusent en direct depuis leur entreprise formatrice vers les salles de classe, montrent leur quotidien et font connaître leur métier. « Bonne nouvelle : dans les années à venir, il y aura davantage d'élèves sortant de l'école obligatoire », a-t-il déclaré. Cela ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises sur le marché des places d'apprentissage. Comme toujours, la Journée des garages suisses s'est terminée en beauté avec le traditionnel « Dîner des garagistes », au cours duquel les discussions animées ont repris.