Entre générations et attentes
Cette tendance se dessine depuis un certain temps déjà : selon le Baromètre des générations 2025, les aspects financiers ne sont plus les seuls à primer dans l'évaluation du travail. Ce sont plutôt des facteurs concrets du quotidien professionnel qui sont déterminants (voir graphique tout en bas). Ainsi, les personnes interrogées citent notamment l’esprit d’équipe (53 %), une activité qui a du sens (49 %) ainsi que la reconnaissance (46 %) comme caractéristiques d’un bon lieu de travail.
Dans le même temps, l’étude montre clairement que ce ne sont pas seulement les attentes vis-à-vis du travail qui changent, mais aussi la perception de l’avenir. Les incertitudes mondiales – provoquées par les guerres, l’instabilité politique ou les évolutions économiques – marquent le sentiment de nombreux jeunes de n’avoir que peu d’influence sur leur propre vie. Cela conduit à prendre des décisions avec plus de prudence et à nouer des liens plus lentement.
Le fait que les métiers artisanaux classiques soient en concurrence avec des attentes modifiées et un choix plus large de possibilités professionnelles ne facilite pas la situation. Ce n’est pas seulement le métier en lui-même qui est déterminant, mais aussi l’image que les gens y associent. La perception qu’on a d’un secteur comme étant d’avenir influence le choix de carrière. Pour la branche automobile, cela signifie que la pénurie de main-d’œuvre n’est pas seulement une question de postes vacants ou de manque de candidatures, mais aussi une question de perception dans l’esprit des gens.
Le Focus se porte donc vers l’intérieur. Lorsque les attentes changent et que les incertitudes augmentent, il ne suffit plus de simplement recruter de nouveaux collaborateurs. Ce qui est déterminant, c’est la manière dont la collaboration est réellement vécue et perçue au sein de l’entreprise. Selon le baromètre générationnel, les jeunes ont souvent l’impression de ne pas être pris au sérieux, tandis que les plus âgés se sentent souvent incompris. Cela engendre de nombreuses tensions dans le quotidien professionnel.
Les compétences sociales en matière de collaboration s’avèrent être un véritable changement de donne dans la gestion intergénérationnelle. En effet, selon l’étude, l’attractivité d’un employeur ne dépend pas seulement de l’activité elle-même, mais aussi, dans une même mesure, du type de collaboration. Le respect, la confiance et une cohabitation harmonieuse sont considérés comme essentiels par les collaborateurs de tous âges.
Les différentes phases de la vie et les attentes variées exigent des approches plus flexibles dans la gestion des collaborateurs. Le fait est que ce ne sont pas tant les mesures individuelles ou les avantages supplémentaires qui sont déterminants. Ce qui compte avant tout, c’est la culture d’entreprise telle qu’elle est vécue. En fin de compte, c’est le quotidien tel qu’il est vécu individuellement qui détermine si l’on se sent pris au sérieux ou non.
L'étude
Ces conclusions s'appuient sur le Baromètre des générations 2025, une étude menée à l'échelle nationale auprès de plusieurs milliers de personnes sur des thèmes tels que le monde du travail, les attentes et la compréhension entre les générations.
Stratégies pour lutter contre la pénurie de main-d'œuvre
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