Remise des brevets et des diplômes

« On a besoin de gens comme vous »

67 professionnels, quatre domaines professionnels et un objectif commun : contribuer à façonner l’avenir du secteur automobile suisse. Lors de la remise des brevets et des diplômes, le focus a été mis non seulement sur les diplômés, mais aussi sur les défis auxquels le secteur est confronté.
Publié: 06 novembre 2026

De

Gabriel Vilares


										Une vieille connaissance : Florent Lacilla a remporté la médaille d’or aux Mondiaux des métiers 2022 en tant que mécatronicien d’automobiles. Il vient désormais de valider avec succès sa formation continue en gestion d’entreprise.
Une vieille connaissance : Florent Lacilla a remporté la médaille d’or aux Mondiaux des métiers 2022 en tant que mécatronicien d’automobiles. Il vient désormais de valider avec succès sa formation continue en gestion d’entreprise. Photos: Andreas von Gunten

« Le branche automobile a de l’avenir. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée nous préoccupe également. Mais cette soirée montre que nous prenons des mesures énergiques pour y remédier. » C’est par ces mots que Christoph Künzi, responsable de la formation professionnelle supérieure à UPSA, a accueilli plus de 220 invités à la cérémonie de remise des brevets et des diplômes qui s’est déroulée au Classic Center Schweiz d’Emil Frey, à Safenwil, en Argovie. Parmi eux se trouvaient 67 diplômé(e)s qui ont reçu leurs diplômes de restaurateur/-trice de véhicules, de conseiller/-ère de vente automobile, de conseiller/-ère de service automobile et de gestionnaire d’entreprise diplômé(e) dans la branche automobile.

M. Künzi a animé la cérémonie de remise des diplômes aux côtés de la présentatrice Nina Havel. « J’ai passé la moitié de ma vie sur la route. Toujours au volant d’un véhicule, bien sûr », a déclaré Mme Havel avec un sourire malicieux. Ses remarques de ce genre ont régulièrement fait rire l’assistance et ont détendu l’atmosphère. Pour les diplômés, ce soir-là, ce n’était pour une fois pas le quotidien professionnel qui était au centre de l’attention, mais leur propre réussite.

Soif de nouvelles idées

Christian Wyssmann, directeur de l'UPSA, n’a pas manqué non plus de s’adresser aux nouveaux titulaires de brevets et de diplômes : « Notre secteur est en pleine mutation. Les technologies de propulsion évoluent, la numérisation progresse et les besoins des clients ne cessent de se transformer. C’est pourquoi nous avons besoin de personnes comme vous. Des personnes qui maîtrisent leur métier et qui s’y consacrent avec passion. » La formation continue n’est pas une fin en soi, mais le point de départ vers de nouvelles opportunités. M. Wyssmann a encouragé les diplômés à conserver leur soif de nouvelles idées et à les mettre en pratique dans leur quotidien professionnel. Mais après tant de persévérance, de ténacité et de compétences professionnelles, une chose prime avant tout ce soir : le plaisir.

Avant ce moment de plaisir culinaire, les présidents des quatre formations professionnelles supérieures ont donné, lors d’une table ronde, un aperçu des défis auxquels sont confrontées les entreprises. La modératrice Mme. Havel a souhaité savoir si la formation continue avait encore sa raison d’être à l’avenir, compte tenu de l’intelligence artificielle qui prend en charge de plus en plus de tâches. Martin Bächtold, président de la commission d’assurance qualité Gestionnaire d'entreprise diplômé de la branche automobile, a répondu par une anecdote : « Le changement et la mutation ont toujours existé dans notre secteur. Il y a 40 ans, la Volksbank a mené une étude qui indiquait qu’il y avait 1 000 garages de trop dans notre pays. Les garages sont toujours là, contrairement à la Volksbank. » Bien sûr, les technologies ont évolué, tout comme les attentes de la clientèle. C’est précisément pour cette raison qu’il est important de disposer de compétences techniques suffisantes pour pouvoir, par exemple, examiner d’un œil critique les résultats de l’IA.

L’être humain reste un élément déterminant

Patrick Ganière, président de la commission d’assurance qualité conseiller de vente automobile, approuva M. Bächtold. « On a déjà annoncé la mort des vendeurs une centaine de fois. » Que ce soit par téléphone, dans la publicité, sur Internet ou désormais via des agents IA : on n’a cessé de prédire que les nouvelles technologies rendraient la vente superflue. Pourtant, la relation personnelle avec la clientèle reste déterminante. « Le contact humain est irremplaçable pour instaurer la confiance. » Parallèlement, les nouveaux acteurs du marché posent des défis supplémentaires aux garages. Selon M. Ganière, ce sont surtout les marques automobiles chinoises qui apportent beaucoup de dynamisme au marché suisse. Beaucoup tentent d’attirer de nouveaux partenaires commerciaux en proposant des marges élevées. Mais cette activité comporte également des risques : « Nous ne savons pas encore aujourd’hui comment évolueront les valeurs résiduelles de ces voitures. » C’est pourquoi une réflexion stratégique à long terme s’impose.

Dans le service à la clientèle également, les relations à long terme sont déterminantes. « Il arrive un moment où le véhicule arrive en fin de vie », a expliqué Daniel Rindlisbacher, président de la commission d’examen conseiller de service automobile. Il s’agit alors d’accompagner la clientèle dans le passage à un nouveau véhicule. En Suisse, le changement de véhicule intervient au bout d’environ onze ans. Les outils numériques pourraient permettre de gagner un temps précieux dans ce processus. Mais ils ne remplaceraient pas le bon sens ni la capacité à cerner les besoins de la clientèle.

Alors que dans la vente et le service à la clientèle, l’accent est mis sur l’avenir de la mobilité, les restaurateur de véhicules s’attachent quant à eux à préserver le passé. Toutefois, les exigences évoluent également dans ce domaine. Cette révision totale a donc conduit à subdiviser la formation continue en deux époques distinctes: les oldtimers classiques dotés d’une technologie automobile ancienne, couvrant la période de 1945 à 1975 et les « youngtimers » équipés d’une technologie plus récente, couvrant la période de 1976 à 1996. « Cela nous permet d’acquérir des connaissances encore plus approfondies sur ces deux périodes », a expliqué Marcel Wyler, président de la commission d’examen restaurateur de véhicules. En effet, les modèles plus récents intègrent des systèmes de confort et de sécurité supplémentaires, ainsi que des technologies plus complexes, qui exigent d’autres compétences spécialisées.

Rester un employeur attractif

Mais comment les garages peuvent-ils attirer et fidéliser à long terme les professionnels dont ils ont tant besoin ? Olivier Maeder, membre de la direction de l’UPSA, a expliqué comment l’association soutient les entreprises dans cette démarche. L'UPSA a notamment mis au point le webinaire « Fit for Future », proposé dans les trois langues nationales. « Nous voulons proposer une aide concrète pour le recrutement et le développement des collaborateurs », a expliqué M. Maeder. À cela s’ajoute un nouveau « bilan employeur ». À l’aide d’un questionnaire, les garages peuvent identifier en moins de 15 minutes leurs points forts et les domaines dans lesquels des améliorations sont possibles. Ils reçoivent ensuite une analyse proposant des mesures concrètes pour renforcer leur attractivité en tant qu’employeur.

À l’issue de la table ronde, Martin Bächtold a souligné que, outre le recrutement de nouveaux professionnels qualifiés, leur formation continue jouait également un rôle décisif. Il en a profité pour vanter les mérites de ce qu’on appelle la « classe reine » de la formation professionnelle supérieure dans branche automobile : les diplômés en gestion d’entreprise. « Aujourd’hui, un diplômé en gestion d’entreprise doit être à moitié juriste. » Les connaissances techniques seules ne suffisent plus depuis longtemps. Pour diriger avec succès un garage, il faut également disposer de connaissances en gestion d’entreprise, en commerce et en droit. S’adressant aux nouveaux titulaires du brevet professionnel, M. Bächtold a ajouté : « Je serais très heureux que vous franchissiez la prochaine étape avec nous. »

Le champion du monde planifie l’avenir

La scène a ensuite été réservée aux diplômés : 67 professionnels ont reçu leurs certificats et diplômes bien mérités. Une nouvelle particulièrement réjouissante : les nouveaux titres « Professional Bachelor » et « Professional Master » renforcent la comparabilité internationale de la formation professionnelle supérieure. Le titre « Professional Bachelor » est destiné aux examens professionnels fédéraux et aux diplômes des écoles supérieures spécialisées, tandis que le titre « Professional Master » concerne les examens professionnels fédéraux supérieurs. À noter par ailleurs que ces nouveaux titres peuvent également être utilisés avec effet rétroactif.

La cérémonie de remise des diplômes a mis en évidence la grande diversité des quatre domaines professionnels. Remo Gsponer, restaurateur de véhicules qui a obtenu la note de 4,9, a ainsi expliqué ce qui est essentiel dans la recherche de pièces de rechange rares : « Il faut avoir de bons contacts partout dans le monde et faire preuve de créativité. » Un défi d’un tout autre genre attendait Michael Schibli, conseiller de service automobile. La présentatrice Mme. Havel a voulu savoir s’il était encore possible de sauver son Opel Insignia, qui affichait 333 000 kilomètres au compteur. « Je dois être honnête avec les clients, ça va être difficile », a-t-il répondu avec vivacité.

Les diplômé(e)s en gestion d’entreprise avaient eux aussi de nombreuses raisons de se réjouir. Pas moins de trois diplômés ont obtenu la meilleure note, soit 4,8. Parmi eux figurait un visage familier : Florent Lacilla. Ce Romand avait remporté la médaille d’or en tant que mécatronicien d’automobiles lors des WorldSkills 2022 à Dresde. Il a désormais pu célébrer une nouvelle étape importante de son parcours professionnel. Son exemple illustre particulièrement bien que la formation professionnelle supérieure ouvre de nouvelles perspectives. Après son titre de champion du monde et l’obtention de son diplôme de gestion d’entreprise, le prochain défi l’attend déjà. « Avec mon frère, je vais reprendre l’entreprise familiale », a révélé le champion du monde. L’avenir du secteur automobile repose ainsi entre ses mains.

Avant que la partie officielle ne s’achève par un dîner de gala, trois experts méritants ont été mis à l’honneur : Franz Hatebur, Franz Uetz et Beat Schmid. Ce dernier a joué un rôle déterminant dans la mise en place de la formation continue de restaurateur de véhicules. « Nous étions ainsi à la pointe au niveau européen. Entre-temps, plusieurs pays nous ont emboîté le pas. Je suis heureux de transmettre un métier solide et récemment réformé », a déclaré M. Schmid.

Les diplômées et les diplômés

examen professionnel restaurateur de véhicules/restauratrice de véhicules – Spécialité technique automobile (RDV)

Bucheli Silvio, Grafenort (OW) 
Dello Buono Dennis, Schlieren (ZH)
Gsponer Remo, Bützberg (BE)
Oberholzer Mike, Muri (AG)
Zogg Metin Gabriell, Lengnau (AG)

examen professionnel conseiller/-ère de vente automobile (CVA)

Chaar Joëlle, Gümligen BE
Corso Pietro Massimiliano, Kreuzlingen TG
Da Costa Queaires Alfonso, Glattbrugg ZH
Dillier Timon, Sarnen OW
Gilgen Nicola, Schwarzenburg BE
Pakmak Osman, Niederurnen GL
Hadzic Nedim, Rümlang ZH
Hägi Pascal, Feuerthalen ZH
Meyer Janik, Richenthal LU
Schmid Luca, Scherzingen TG
Künzi Katja Anna, Maschwanden ZH
Kuzmanovic Dejan, Gerzensee (BE)
Lichtle Jan, Riffenmatt (BE)
Haxhiu Arben, Oftringen (AG)
Meyer Len, Unterkulm (AG)
Oliveira Amaro Telmo Diogo, Döttingen (AG)
Girotto Nico, Studen (BE) 
Rodriguez Vicente Oliver, Möhlin (AG) 
Koch Michelle, Honau (LU) 
Hagemann Moritz, Bâle (BS)

examen professionnel de conseiller/-ère de service automobile (CSA)

Borloz Kathlyn, Ollon VD
Erard Vincent, Belfaux FR
Abdul Sabina, Altendorf SZ
Affentranger Dominic, Sumiswald BE
Bellasi Nico, Niederönz BE
Bircher Markus, Achseten BE
Fuhrer Timo Elio, Herzogenbuchsee BE
Gertsch Yannick, Ins BE
Glauser Tobias, Illnau ZH
Hodel Marco, Oberönz BE
Indermaur Kevin, Wittenbach SG
Knuchel Shaya, Niederbipp BE
Malki Fredy, Münchwilen TG
Meier Jeremy, Bremgarten AG
Meier Nicola, Bettwiesen TG
Mittner Tiziano, Winterthur ZH
Pungitore Francesco, Küssnacht am Rigi SZ
Rebiewski Luca, Kreuzlingen TG
Reveruzzi Giuseppe, Brüttisellen ZH
Rohr Marco, Thoune BE
Russo Roberto Antonio, Nürensdorf (ZH
Schibli Michael, Dottikon (AG)
Tinner Mike, Schliern près de Köniz (BE)
Witschi Joel Peter, Kaltbrunn (SG)
Kromer Michael, Birsfelden (BL)

examen professionnel supérieur de gestionnaire d’entreprise diplomé(e) dans la branche automobile (EPS)

Alter Orianne, Fionnay VS
Haliti Alban, Romanel-sur-Lausanne VD
Heger Constantin, Châtel-St-Denis FR
Lacilla Florent, Vuisternens-en-Ogoz FR
Vonder Mühll Antoine, Martigny VS
Juchli Joel, Zufikon AG
Mark Reto, Morissen GR
Kohler Jonathan, Ranflüh BE
Bischof Emanuel, Laufenburg AG
Greuter Marco, Romanshorn TG
Ritter Michel Reto, Sumiswald BE
Wild Dennis, Ehrendingen AG
Hoti Burim, Mumpf AG
Bergamin Peter, Dicken SG
Zambotti Flavio, Meilen ZH
Sulzer Carlo, Buchs ZH
Kerqeli Taolant, Wallisellen ZH

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