Une voix puissante pour les tâches difficiles
Si les camions et fourgonnette sont à l’arrêt, c’est rapidement une partie de la Suisse qui se retrouve paralysée. Les garages spécialisés dans les véhicules utilitaires veillent à ce que les véhicules soient entretenus, réparés et remis en circulation le plus rapidement possible. Parallèlement, leur quotidien professionnel évolue à un rythme effréné : les nouvelles technologies de propulsion, les exigences supplémentaires imposées aux ateliers, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché constituent autant de défis pour ces entreprises.
C’est précisément là qu’intervient la UPSA des véhicules utilitaires de l’UPSA. Cet organe spécialisé fait office de porte-parole politique et technique pour les entreprises qui s’occupent de véhicules utilitaires utilitaires. Lors de sa dernière réunion, la commission a été accueillie par le groupe Kestenholz à Pratteln, dans le canton de Bâle-Campagne. À l’ordre du jour figuraient des thèmes qui concernent directement les garages spécialisés dans les véhicules utilitaires, aujourd’hui comme à l’avenir.
Un défi commun lie particulièrement étroitement les secteurs des véhicules utilitaires et des voitures particulières : la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Trouver des collaborateurs qualifiés et attirer de jeunes professionnels reste une priorité absolue. Olivier Maeder, UPSA de la direction de l’UPSA en charge de formation, a présenté la nouvelle campagne « Sans toi, tout s’arrête » (voir pages 60/61) et a attiré l’attention sur le nouveau « check employeur ». C’est précisément dans le secteur des véhicules utilitaires que la formation prend une importance croissante : la complexité technique des véhicules s’accompagne d’exigences accrues envers les professionnels qualifiés.
La commission des véhicules utilitaires se penche également sur l’électrification des flottes de véhicules. La transition vers la propulsion électrique progresse parfois de manière étonnamment rapide dans le secteur des poids lourds. Plusieurs entreprises de transport ont déjà investi dans ce type de véhicules. Ce qui constitue une avancée technologique pour les transporteurs pose de nouveaux défis aux ateliers. La technologie haute tension, les nouveaux composants et les exigences en matière d’entretien nécessitent des investissements dans l’équipement, les outils spécialisés et la formation continue.
Dans le même temps, le développement des motorisations est loin d’être achevé. L’autonomie des camions électriques continue d’augmenter. Les premiers véhicules offrant jusqu’à 700 kilomètres d’autonomie ont déjà été présentés. Cela présente toutefois un inconvénient : en raison du poids élevé des batteries, la charge utile s’en trouve réduite d’autant. Par ailleurs, l’hydrogène reste d’actualité. Divers constructeurs poursuivent le développement de moteurs à combustion et de piles à combustible. Si cette technologie devrait pour l’instant jouer un rôle secondaire en Suisse en raison du manque d’infrastructures, elle pourrait bien gagner en importance sur la scène internationale.
Ce qui est déjà une réalité pour voiture de tourisme gagne de plus en plus le marché des véhicules utilitaires : les constructeurs chinois font leur entrée en force en Europe et en Suisse. Le salon IAA Transportation a récemment mis en évidence le dynamisme de cette évolution. Diverses entreprises et marques y ont présenté des concepts intéressants ainsi que des véhicules de série déjà disponibles. C’est le cas notamment de la société SuperPanther, fondée en 2022 seulement, qui a présenté l’eTopas 600, un tracteur routier 4x2 équipé d’une batterie LFP de 621 kWh.
Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement le véhicule, mais aussi le concept de production : l’assemblage final, la mise en service et le contrôle qualité sont effectués dans l’usine autrichienne de Steyr Automotive. Pour les entreprises de véhicules utilitaires, cette évolution signifie qu’elles doivent suivre de près le marché et les évolutions technologiques : quels constructeurs s’imposent ? Quels véhicules arrivent sur le marché suisse ? Et quel est l’impact des nouvelles technologies sur l’entretien, les réparations et les pièces de rechange ?
C’est précisément sur ce type de questions que les échanges au sein de la commission des véhicules utilitaires jouent un rôle important. Les membres apportent leur expérience de terrain et se tiennent informés des évolutions techniques, politiques et réglementaires. Cela permet de créer une base solide pour soutenir de manière ciblée les UPSA de l’UPSA. Fabian Schmid, responsable des affaires juridiques et techniques à l’Astag, confirme également la valeur de cet échange au-delà des frontières sectorielles : « L’Astag s’occupe du transport routier, tandis que les UPSA de l’UPSA se chargent de la vente et de l’entretien des véhicules. Cet échange de connaissances est très précieux pour nous. »
L’assouplissement des conditions d’immatriculation des véhicules utilitaires électriques plus légers, introduit début octobre 2026 (voir page 41), est l’un des résultats de cette définition commune de la position. M. Schmid a également informé la commission d’autres dispositions légales et dossiers politiques – notamment de l’exonération définitive des camions électriques de la RPLP jusqu’à fin 2030, ainsi que de l’extension de l’obligation d’utiliser un tachygraphe pour les véhicules de 2,5 tonnes dans le transport international de marchandises et à des fins de transport, introduite au 1er juillet 2026 de l’extension de l’obligation d’utiliser un tachygraphe pour les véhicules de 2,5 tonnes dans le transport international de marchandises à des fins commerciales.
Le point de vue des carrossiers a également été abordé. Frédéric Henguely, de Carrosserie Suisse, a mis en lumière les évolutions législatives actuelles du point de vue des carrossiers. Le calendrier de mise en place de RPLP apporte ici aussi une sécurité de planification, notamment pour les véhicules frigorifiques. M. Henguely se félicite également des allègements accordés aux camionnette jusqu’à 4,25 tonnes. Ceux-ci ouvrent de nouvelles possibilités pour des carrosseries sur mesure, telles que des bennes basculantes ou des véhicules de transport de personnes.
La visite chez le groupe Kestenholz correspondait parfaitement à l’objectif de la commission : ne pas se contenter d’observer les évolutions à distance, mais en discuter au plus près de la réalité du terrain. Ce groupe suisse géré par ses propriétaires, dont le siège se trouve à Pratteln, distribue des véhicules Mercedes-Benz depuis 1952. Avec environ 1 400 collaborateurs, le groupe Kestenholz exploite des sites dans la région de Bâle et en Allemagne. Outre le secteur des voitures particulières, l’entreprise est également active dans le domaine des véhicules utilitaires grâce à des centres hautement spécialisés. En août 2026, le groupe a par ailleurs inauguré le « Home of Stars », dédié aux véhicules Mercedes-Benz AMG et Maybach ainsi qu’aux modèles classiques.
Pour les garages véhicule utilitaire, une chose est claire : le changement ne se produira pas un jour ou l’autre – il est déjà en marche. Le savoir, les échanges et une voix commune forte n’en sont que plus importants.