Le secteur de la sous-traitance automobile reste stable
Non seulement à l'échelle internationale, mais aussi en Suisse, le climat économique reste morose : la croissance est inférieure à la moyenne, tandis que les entreprises et les consommateurs sont confrontés à une incertitude persistante. Dans ce contexte, le secteur de la fourniture aux garages reste solide au 1er trimestre 2026. La situation actuelle est jugée majoritairement bonne à satisfaisante. Pour le 2e trimestre, les perspectives sont toutefois plus prudentes qu’au trimestre précédent. La forte augmentation de la pression sur les coûts des matériaux ainsi que les prévisions moroses concernant les résultats pèsent particulièrement sur les prévisions pour les mois à venir.
Selon le baromètre conjoncturel du Swiss Automotive Aftermarket (SAA), l’association des fournisseurs de l’après-vente automobile suisse dont les 65 membres s’engagent en faveur d’un marché de l’après-vente automobile indépendant en Suisse, la situation de l’emploi dans ce secteur se présente de manière réjouissante et stable en ce début d’année. 58 % (trimestre précédent : 52 %) des entreprises interrogées jugent la situation de l'emploi bonne et 42 % (TP : 48 %) satisfaisante. Aucune entreprise (TP : 0 %) ne juge la situation mauvaise. Par rapport au trimestre précédent, l’évaluation s’est donc légèrement améliorée. Cette robustesse s’explique sans doute aussi par le fait que le marché des pièces de rechange automobiles réagit moins fortement aux fluctuations à court terme que d’autres secteurs plus cycliques.
Du côté du chiffre d'affaires, le tableau est globalement solide. 42 % (TP : 44 %) des entreprises jugent la situation actuelle du chiffre d'affaires 54 % (TP : 52 %) satisfaisante et 4 % (TP : 4 %) mauvaise. L'évaluation reste donc largement stable par rapport au trimestre précédent. Le fait que le chiffre d’affaires se maintienne malgré un contexte incertain témoigne d’une demande sous-jacente qui reste intacte. Dans le même temps, on peut supposer que la frilosité des consommateurs, la hausse des coûts et un climat économique globalement plus prudent freinent la croissance.
L'évaluation de la rentabilité est un peu plus modérée. 25 % (TP : 33 %) des entreprises la jugent bonne, 71 % (TP : 59 %) satisfaisante et 4 % (TP : 7 %) mauvaise. On observe ainsi un léger recul par rapport au trimestre précédent. Dans l'ensemble, le secteur reste à un niveau opérationnel solide, même si une pression sur la rentabilité se profile déjà.
Les incertitudes apparaissent plus clairement dans les prévisions pour le 2e trimestre 2026. En ce qui concerne la situation de l'emploi, 17 % (TP : 22 %) des entreprises s'attendent à une amélioration, 71 % (TP : 78 %) à une situation stable et 13 % (TP : 0 %) à une détérioration. Les perspectives sont donc nettement plus prudentes qu’au trimestre précédent. Cette prudence reflète sans doute aussi un contexte économique globalement plus difficile : les tensions géopolitiques, la guerre au Proche-Orient, la hausse des prix de l’énergie ainsi que les incertitudes en matière de politique commerciale pèsent sur la sécurité de planification de nombreuses entreprises. En ce qui concerne les effectifs, 79 % (TP : 78 %) des entreprises ne prévoient aucun changement, 17 % (TP : 22 %) s’attendent à une augmentation et 4 % (TP : 0 %) à une diminution. Le chômage partiel reste une exception.
Dans le domaine des ressources humaines, la pression sur les coûts reste forte. 54 % (trimestre précédent : 56 %) des entreprises s’attendent à une hausse des coûts de personnel, 42 % (trimestre précédent : 44 %) à une stabilisation et 4 % (trimestre précédent : 0 %) à une baisse. L'évolution est nettement plus marquée dans le domaine des matériaux. Dans ce secteur, 63 % (trimestre précédent : 44 %) des entreprises s'attendent à une hausse des coûts, 38 % (trimestre précédent : 52 %) à une stabilisation et 0 % (trimestre précédent : 4 %) à une baisse. Cette hausse marquée des coûts des matériaux attendus est probablement liée aux bouleversements géopolitiques. Parallèlement, les perspectives en matière de résultats s'assombrissent également. 29 % (trimestre précédent : 11 %) des entreprises s'attendent à une détérioration de leurs résultats au 2e trimestre, 46 % (trimestre précédent : 63 %) à une situation stable et 25 % (trimestre précédent : 26 %) à une amélioration. Cela illustre particulièrement bien la pression croissante sur les marges.
Alors que la demande semble globalement encore stable, la hausse des coûts d’approvisionnement et d’exploitation ainsi que l’incertitude persistante de l’environnement économique devraient peser de plus en plus sur la rentabilité. En revanche, les prévisions en matière de chiffre d'affaires restent relativement stables. 42 % (trimestre précédent : 41 %) des entreprises s'attendent à une hausse de leur chiffre d'affaires, 50 % (trimestre précédent : 48 %) à une stabilisation et 8 % (trimestre précédent : 11 %) à une baisse. L'évolution du chiffre d'affaires s'avère donc toujours plus stable que celle des résultats. Les risques les plus importants résident actuellement moins du côté de la demande que de la pression croissante sur les coûts et de l'évolution des marges.